Les banques sont les acteurs majeurs de l’économie car elles en assurent le financement  à travers l’octroi de prêts et l’offre de produits d’épargne aux particuliers, aux associations, aux entreprises et à l’Etat.
♦A côté des banques, les marchés de capitaux (en langage commun, la Bourse) interviennent dans le financement direct de l’économie. Comme au marché des fruits et légumes de votre quartier, acheteurs et vendeurs se rencontrent pour acheter et vendre des produits d’investissement et de financement c’est à dire des titres (actions obligations…), des devises ou des matières premières.
Ces acheteurs et vendeurs sont donc des particuliers qui boursicotent, des entreprises à la recherche de capitaux, des banques qui escroquent, des acteurs financiers divers (sociétés de gestion, assurances, fonds de pension, banques centrales) en quête d’investissements juteux et enfin, l’Etat qui émet des emprunts.
La banque est par ailleurs une entreprise privée comme une autre. Elle doit donc gentiment maximiser ses profits et minimiser ses coûtsMais les choses se compliquent alors parce que la banque commercialise un bien particulier : l’Argent (la monnaie)
♦Et, la monnaie est un bien public et un bien privé.
Un bien public car la Banque de France (et la Banque Centrale européenne) est garante de la valeur de cette monnaie qu’est l’Euro.
Donc, d’un point de vue moral et éthique, les banques ont une responsabilité publique vis à vis de ce bien, commun à tous et de l’utilisation qu’elles en font.
Mais l’argent est aussi un bien privé commercialisable et comme comme tout produit commercial, il doit être rentable. Et, c’est à travers les instruments financiers (titres, devises, matières premières) qu’il devient un produit.
♦Enfin, la monnaie, a cette caractéristique particulière: comme un pommier ou une vache, elle peut se reproduire et faire des petits. Comment? Grâce au taux d’intérêt.
Cette petite introduction étant faite,  voici une liste exhaustive des différentes pratiques hautement contestables auxquelles se livrent les banques sans en être inquiétées.

Escroquerie #1: Les paradis fiscaux

Soutenus par les banques, les paradis fiscaux prospèrent en toute quiétude. En effet, les banques y ont créé de nombreuses filiales (centres financiers off-shore qui représentent plus de la moitié des activités internationales des banques) et y transfèrent, à l’abri des regards, de l’argent propre et de l’argent sale aussi. Fraude fiscale, évasion fiscale, corruption ne sont pas de gros mots au paradis. Et, la blanchisserie, sur ces territoires exotiques, est un commerce lucratif, ouvert 7jours/7.

⇒ Conséquences

Une grande partie des activités des banques et un volume impressionnant des capitaux  échappent à toute régulation et à toute taxation. En définitive, les banques encouragent et soutiennent la corruption, la tricherie et le crime à l’échelle mondial.

Escroquerie #2 : Le shadow banking

Les banques ont crée des structures non réglementées qui investissent sur des marchés  appelés Dark pools, Parmi ces stuctures de l’ombre figurent les hedges funds : leur activité est ultra-spéculative, très risquée mais très rentable et le ticket d’entrée s’élève à plusieurs millions d’euros. Aux Etats Unis, on estime que 70% des transactions financières sont réalisées sur ces marchés et par les hedges funds. Ces structures sont bien sûr domiciliées dans les paradis fiscaux, où le climat est plus clément.

=> Conséquences

Cette spéculation de l’ombre orchestrée par les banques, encourage les investissements en dehors de l’économie réelle (financement des entreprises, financement de projets d’infrastructures…)  et une vision court-termiste de la finance. A noter également le fort impact sur les cours de titres, devises et matières premières qui mène inexorablement à la formation de bulles spéculatives.

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Thieves, Thieeeves

Escroquerie #3 : Les dark pools

Ce sont des plateformes de négociation et d’échanges de titres développées par les banques hors des circuits traditionnels règlementés, à savoir les bourses. Elles ne sont évidemment soumises à aucune réglemention et s’apparentent aisément à un marché noir.

=> Conséquences

Les délits d’initiés et manipulations de cours de titres, devises et matières premières sont monnaie courante, sur ces plateformes. Les activités sur ces dark pool conduisent encore une fois à la formation de bulles spéculatives.
Ajoutons que les règles de concurrence pure et parfaite, si chères au libéralisme,  sont, sur ces marchés, totalement bafouées.

Escroquerie #4 : Les produits dérivés

Ce sont des produits destinés à l’origine à se couvrir contre les risques de perte liée aux mouvements des cours des titres, des devises ou matières premières et les risques de défaut. Ces produits ont été complètement détournés et utilisés aujourd’hui à des fins purement spéculatives. Ils sont souvent très complexes et fortement toxiques à l’instar des CDS, à l’origine de la crise des subprimes de 2008.

=> Conséquences

Les banques en jouant avec ces petits gadgets toxiques provoquent des crises financières dévastatrices qui impactent les autres secteurs de l’économie, et tout cela en toute impunité.

Escroquerie #5 : Le trading haute fréquence 

Le trading haute fréquence ou comment des milliards de dollars changent de mains à la vitesse d’un battement de cil grâce à des ordinateurs programmés, capables de passer en bourse des millions d’ordres d’achat ou de vente et ce en quelques milliardièmes de secondes. Ces machines diaboliques qui ont pris la place des traders humains, sont aussi capables de générer des ordres factices pour inverser la tendance des marchés.

=> Conséquences

Les marchés de capitaux sont déstabilisés par ces ordinateurs parfois incontrôlables :  des mini krachs boursiers en série sont à déplorer. Entre 50 et 70% des ordres en bourse en France, sont aujourd’hui  initiés par ces machines.

Escroquerie #6 : La manipulation de taux 

Partons du postulat de base selon lequel entre brigands, on peut s’entendre à merveille.

Les banques les plus puissantes peuvent ainsi s’accorder entre elles pour abaisser ou augmenter les taux officiels du marché (taux d’intérêt et taux de change des devises) en leur faveur. Ces taux sont normalement fixés tous les jours par un organisme de référence en fonction de l’offre et de la demande de capitaux et de déclarations des banques.

=> Conséquences

Ce sont ces taux trafiqués qui sont ensuite appliqués aux prêts bancaires et aux opérations de change de devises des particuliers, des associations et des petites entreprises notamment.

CONCLUSION

Vous l’avez compris, les banques considèrent aujourd’hui que financer l’économie d’un pays en octroyant simplement des prêts aux PME est une activité de moins en moins lucrative. Elles préfèrent s’amuser entre elles en inventant de nouveaux produits  tout contournant habilement les réglementations en vigueur. L’absurdité est poussée à son paroxysme : plus les contrôles sont sévères et plus les banques trouvent des moyens de contournement dangereux -mais rentables- et plus elles mettent en risque l’économie d’un pays. La dernière crise financière en est l’illustration la plus évidente.
Pour finir
la plus grande escroquerie des banques est sans doute d’avoir  réussi à convaincre des Etats et autorités financières internationales complaisants, que leurs pertes devaient être nationalisées. Pour éponger les pertes des banques, les Etats se sont donc endettés et boom! crise de la dette….!

 

M. Wong

 

  1. Naudé Philippe

    Elles peuvent continuer ainsi tant que leurs clients ne se demandent pas comment ils peuvent i s’endetter et vivre au-dessus de leurs moyens au détriment de l’éthique.

  2. Waloo

    Leurs clients…y compris l’État? Qui a décidé de renoncer à tout contrôle des banques au détriment des clients les plus fragiles: le peuple.

    1. de Mino Wong°°

      oui, vous avez raison de le souligner l’Etat est l’un des plus importants clients….nous sommes dans un système oligarchique soutenu par l’Etat. Mais qu’importe!

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