La French Touch en matière musicale ne date pas des années 90 et ne se limite pas à la musique house et électro. Elle  fait déjà parler d’elle, dans le cinéma,  à la fin des années 50 quand des compositeurs de musique de films français ont été remarqués hors de France et ont connu parla suite des carrières  internationales exceptionnelles.

Tout a commencé dans les années 50, en France,   lorsque des compositeurs de musique de scènes, de théâtre et des arrangeurs  sont sollicités par une nouvelle génération de cinéastes français (Godard, Truffaut, Rohmer…) qualifée de Nouvelle Vague. Parmi ces  nombreux compositeurs talentueux,  Georges Delerue, Michel Legrand, Maurice Jarre et Michel Colombier  et Philippe Sarde notamment.

Ainsi, ces cinéastes de la Nouvelle Vague  adoptent une nouvelle écriture cinématographique qui  accorde une place particulière  à la musique. S’inspirant notamment des films anglosaxons et américains, ils comprennent que celle-ci confère une dimension et un pouvoir remarquables au film. Les films d’Hitchcock rythmés par la musique de Bernard Herrmann en sont la parfaite illustration.

Entre le réalisateur et le compositeur se crée alors une relation de complicité, presque fusionnelle.  Des tandems mythiques à l’instar de François Truffaut/George Delerue, David Lean/ Maurice Jarre ou Claude Sautet/Philippe Sarde naîtront. P. Sarde dira d’ailleurs que ‘composer pour le cinéma c’est entrer dans la tête d’un metteur en scène, le comprendre de l’intérieur pour écrire sa musique’.

Grâce à leur talent, ces musiciens connaîtront un immense succès  Outre-Atlantique et composeront pour des metteurs en scène américains célèbres. En effet, ces artistes hors pair se sont distingués par l’originalité  de leurs oeuvres et la passion qu’ils y ont consacrée,  par cette touche mélancolique propre à la culture et à la musique française et par un soupçon de romantisme sans doute.

Nous avons sélectionné quelques uns de ces musiciens du cinéma de cette époque. Phillipe Sarde n’a pas eu de carrière internationale marquante mais nous ne pouvons pas nous empêcher de le citer, tant sa musique nous transperce le coeur.

 Georges Delerue (1925-1992) :  Chef d’orchestre et compositeur de musique de théâtre, il écrit pour François Truffaut (Tirez sur le pianiste, 1964; La Nuit Américaine, 1972…), Bertrand Blier (Préparez vos mouchoirs, 1979, César de la meilleure musique de film), Jean Luc Godard (Le Mépris, 1963)  et collabore à des productions prestigieuses américaines et notamment avec George Cukor (Riches et célèbres, 1981), Oliver Stone (Platoon, 1986) et Martin Scorcese (Casino, 1995).

Thème de Camille, le Mépris de JL Godard, 1963

 Maurice Jarre (1924-2009) : Il est le compositeur le plus récompensé  aux Oscars grâce à son travail avec David Lean pour qui il compose les musiques de Lawrence d’Arabie (1962), Docteur Jivago (1965) notamment. Il  écrira également pour Peter Weir (Etat second, 1994; Witness, 1985), Volker Schlöndorff (Le Tambour, 1979). En France, il se passione pour la scène, le Théâtre National Populaire et l’Opéra de Paris pour lesquels il élaborera des oeuvres musicales remarquables.

 

Thème de Lara, Docteur Jivago, 1965

 Michel Colombier (1939-2004) : Arrangeur pour Charles Aznavour,  Serge Gainsbourg  et plus récemment pour Madonna et Air, il écrit pour le cinéma, dans  un style funky et pop. Ainsi il collabore avec Prince à  la musique de Purple Rain en 1984, de New Jack City en 1991. En France, les musiques des  films de Claude Sautet (L’arme à gauche, 1965) et Jacques Demy (Une chambre en ville, 1982) seront l’oeuvre de Michel Colombier.

http://www.youtube.com/watch?v=Fgl8YUODS1M

L’héritier de Philippe Labro, 1973

 Michel Legrand (1932) : Arrangeur et jazzman, il compose plus de 200 musiques. Selon M. Legrand,  un compositeur de musique de films ‘doit de mettre au service d’un réalisateur sans jamais hésiter à lui désobéir. Je pense qu’il n’y a d’originalité que dans la désobéissance’.  C’est sans doute l’audace qui l’incita à écrire avec Jacques Demy des films entièrement chantés, où les chansons remplacent les dialogues : Les Parapluies de Cherbourg en 1963 et les Demoiselles de Rochefort en 1967. Aux Etats Unis, sa musique est récompensée par un Oscar dans l’Affaire Thomas Crown (1969) de Norman Jewison. Il compose également la musique de Prêt à Porter de Robert Altman en 1994.

http://www.youtube.com/watch?v=EdeAjtQVEA0&w=630&h=340

L’affaire Thomas Crown de N. Jewison, 1969

 Philippe Sarde (1945) :  Pour P. Sarde, on peut rendre un film intemporel par sa musique. Doté d’une grande culture cinématographique,  il est l’un des compositeurs  de musique de films les plus passionnés par le cinéma et le compositeur favori de Claude Sautet pour qui il créera les musiques de 11 films. Il écrit également pour Roman Polanski (Le Locataire, 1976), pour Jean Jacques Annaud (La Guerre du feu, 1981) et plus récemment pour Jacques Doillon (le Petit criminel, 1990).

http://www.youtube.com/watch?v=31us6AJ3W8E&feature=results_main&playnext=1&list=PL04D2BE716F36639A&w=630&h=340

Les choses de la vie de C. Sautet, 1973

 M. La Noo

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