LA DETTE

Les médias et les politiciens (pour ne citer qu’eux) nous abreuvent nuit et jour, jour et nuit  de déclarations dépressives autour d’un seul thème : la dette. Il ne s’agit ni de la vôtre, ni de la nôtre mais celle de l’Etat.

Nous, oui,  NOUS  avons tous  une responsabilité dans la dette de l’Etat. 

Nous, simples citoyens, avons l’obligation de réfléchir 24/7/365 à ce problème de déficit  de la France, de l’Europe et du monde civilisé. Vos problèmes familiaux,personnels et professionnels sont relégués, de fait, au second plan.  Quant au reste du Monde,  inutile de s’en préoccuper, les miséreux, eux ont l’habitude de la misère. L’habitude étant une seconde nature, mieux vaut les maintenir dans cet état au risque de les perturber.

Ce  problème  de dette en soit n’a rien de nouveau ni d’exceptionnel car aucun Etat au monde peut se targuer de ne pas avoir de dette. La grande difficulté aujourd’hui tient surtout au fait que les taux d’intérêt que la France doit payer à ses créanciers sont hors de contrôle et que la croissance de la France est depuis bien longtemps atone  et que le montant de la dette s’est  fortement creusé en 2008  lorsque l’Etat français a renfloué les banques suite notamment à la chute  de Lehman Brothers.

Bref, puisque nous sommes tous désormais personnellement concernés  par la dette de l’Etat français, il est nécessaire de comprendre quelques notions fondamentales.

LE DEFICIT PUBLIC 

Le solde des finances publiques  (Administrations Publiques=Etat, collectivités locales, Securité sociale…) est comme vous le savez égal au Recettes publiques-Dépenses publiques. Les recettes publiques sont constituées essentiellement des impôts. Les dépenses publiques sont celles liées notamment à la protection sociale (la plus grande dépense), la santé, l’enseignement, la défense, les services généraux (paiement des fonctionnaires, des intérêts de la dette…)  etc.

Si les dépenses sont supérieures aux recettes alors il  y a  déficit.

LA DETTE DE L’ETAT

Si  l’Etat accumule des déficits- budgétaires- d’une année à l’autre alors le Trésor (caissier, banquier et financier de l’Etat) est  contraint de se procurer des ressources complémentaires pour financer les dépenses de l’Etat.

Pour cela, l’Etat  s’endette en empruntant des fonds notamment sur les marchés de capitaux auprès d’investisseurs en tous genres (banques, hedge funds, fonds de pension…).

DETTE NEGOCIABLE  vs DETTE NON NEGOCIABLE

Avant la déréglementation des marchés, l’Etat détenait auprès de ses créanciers une dette  majoritairement indépendante des marchés financiers donc non négociable.  L’Etat  pouvait en effet compter sur les dépôts auprès du Trésor notamment des grandes entreprises nationales et des collectivités locales, sur les bons du Tresor sur formules (dette contractée auprès de particuliers), sur les avances accordées par la Banque de France, sur les prêts des organismes internationaux et couvrir ainsi ses besoins de trésorerie .

Suite à la vague de déréglementation des marchés  intervenue dans les années 80 et en provenance directe des Etats-Unis, la France a pris la décision  de développer les marchés de capitaux qui constituent dès la source de financement majoritaire et ce au détriment des ressources traditionnelles.

L’Etat désormais va emprunter des fonds sur ces marchés en émettant des instruments financiers de dette (Obligations et Bons du Trésor en compte courant).

 La dette de l’Etat devient désormais  majoritairement négociable et échangeable sur le marché  et soumise, de fait,  à la loi de l’offre et de la demande de capitaux sur les marchés financiers.

Ainsi, un investisseur X va donc acheter une part d’obligations françaises : en achetant ce titre, il prête de l’argent à l’Etat français qui en contrepartie lui versera des intérêts. 

LES TITRES DE DETTES 

Obligations (emprunts obligataires) ou Bons du Trésor, sont des titres de dettes aujourd’hui négociables sur les marchés de capitaux.Ce sont donc des produits financiers échangés sur les marchés de capitaux.
Ils sont caractérisés par leur valeur et leur taux d’intérêt.
Les taux d’intérêt  et la valeur d’un titre varient au grès de l’offre et de la demande sur les marchés.  
L’offre et la demande dépendent notamment de la peur liée au risque de non remboursement ou de remboursement partiel de la dette.
La valeur d’un titre de dettes varie en sens inverse du taux d’intérêt.   

Ainsi, plus la demande pour une obligation diminue (par peur du risque), plus les investisseurs vendent le titre  plus sa valeur diminue et plus son taux d’intérêt augmente (cas de la Grèce) .
Plus la demande pour une obligation augmente (car le risque est moindre) donc plus les investisseurs achètent cette obligation, plus sa valeur augmente et plus son taux d’intérêt diminue (cas de l’Allemagne).Les Bons du Trésor répondent à cette même logique.

LES MARCHES FINANCIERS  

Ils sont constitués des marchés de capitaux (marchés financiers, marchés monétaires et marchés dérivés), des marchés de devises et  des marchés des matières premières.
Ils permettent aux différents acteurs  de ces marchés:
1.d’investir ou d’emprunter des capitaux
2.d’acheter ou de vendre  des titres (actions, obligations…), des devises, des matières premières….
3.de se couvrir contre les risques de baisse ou de hausse des titres, des devises, des matières premières grâce aux  produits dérivés (CDS, options, futures…).

LES ACTEURS DES MARCHES FINANCIERS

Ce sont  les fonds de pension les banques et les Banques Centrales, les entreprises, les sociétés d’assurance, les fonds souverains, les fonds communs de placement (OPCVM),  les fonds spéculatifs (hedge funds), qui vont investir ou se financer sur les marchés.

Quelques chiffres significatifs pour conclure :

La dette française  s’établit aujourd’hui à 1 692 milliards d’Euros soit à 86% PIB (Produit Intérieur Brut qui mesure l’activité de production d’un pays). A titre comparatif , la dette des Etats-Unis s’élève à 11 000 milliards d’Euros.

♣Chaque jour, 10 000 milliards d’Euros soit l’équivalent de la dette des Etats Unis, sont échangés sur les marchés, au niveau mondial entre ces différents acteurs.

♣Les transactions sur les marchés en Europe et aux Etats Unis sont  en moyenne à 60% générés non par des êtres humains mais par des automates à travers des algorithmes de trading.

♣Les opérations initiées par les  hedge funds (qui sont, rappellons-le des fonds spéculatifs)  peuvent représenter jusqu’à 60% des transactions quotidiennes sur les marchés, aux Etats-Unis.

M.  la Noo

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